Médicaments : « Le sujet des achats groupés est hautement stratégique »

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Afrique subsaharienne
Le 18 novembre, l’Association des centrales d’achats de médicaments essentiels (ACAME) et Expertise France ont signé une convention de subvention pour un nouveau projet visant à créer un centre de formation et d’expertise (CFEA) au sein de l’ACAME. Cette association regroupe 22 centrales d’achats du continent africain et favorise l’amélioration de l’accès aux médicaments. Dr Anne Maryse K’habore, secrétaire permanente de l'ACAME, revient sur les enjeux de l’approvisionnement en médicaments et sur l’appui apporté par l’Initiative 5%.

En complémentarité des investissements du Fonds mondial, l’Initiative 5% soutient le renforcement des systèmes de santé. Parmi les objectifs opérationnels de cette stratégie : le renforcement des systèmes de gestion des achats et des stocks des produits de santé dans les pays et à l’échelle mondiale.

Dans ce cadre, les centrales d’achats de médicaments sont les piliers des systèmes nationaux de distribution pharmaceutique. L’ACAME, association qui réunit 22 centrales d’achats réparties sur tout le continent africain, contribue à asseoir leur rôle dans les systèmes nationaux d’approvisionnement et de distribution pharmaceutique. Elle est donc un partenaire incontournable pour l’Initiative 5%, qui la soutient depuis 2011 à travers des missions d'assistance technique et le financement de projets de long terme.

 

Dr Anne Maryse K’habore est directrice générale de la Centrale d’achat des médicaments essentiels génériques du Burkina Faso et secrétaire permanente de l’ACAME.

Elle revient sur les enjeux de l’approvisionnement en médicaments et sur l’appui apporté par l’Initiative 5%.

 

Quels sont les leviers pour améliorer l’approvisionnement en médicaments essentiels en Afrique ?

Dr Anne Maryse K’habore – Concernant les approvisionnements proprement dits, fédérer les centrales nationales d’achats (CNA) est déjà une mission de l’ACAME. Identifier des centres d’excellence et développer une approche différenciée d’amélioration des performances des CNA, dans une logique de coopération Sud-Sud, est une piste intéressante. Quant à la régulation, l’homologation des produits, l’inspection des établissements pharmaceutiques et la surveillance du marché sont trois sujets majeurs.

Le projet PERF-APPRO vise à améliorer l’approvisionnement en médicaments essentiels de qualité pour 14 centrales membres de l’ACAME. Où en est ce projet depuis sa mise en place ?

Dr Anne Maryse K’habore – 49 % des activités ont été mises en œuvre et un atelier de coordination technique a relancé le projet fin avril 2019 en mobilisant de nouvelles parties prenantes sur les achats groupés. Ce sujet hautement stratégique donnera plus de force à l’ACAME lors des négociations avec les industriels. Cela aura un impact sur les prix d’achat et améliorera l’accessibilité des produits de santé. La future cellule exécutive des achats groupés bénéficiera d’un appui technique de l’Initiative 5%. Elle sera un organe important au sein de l’ACAME. Il s’agit déjà de dessiner les contours de la réforme du modèle de gouvernance et du modèle économique de l’ACAME.

L’ACAME a bénéficié depuis 2006 des appuis techniques de France Expertise internationale (FEI) et maintenant de l’Initiative 5%. Qu’en retirez-vous ?

Dr Anne Maryse K’habore – C’est notre principal partenaire financier. Ce dispositif est indispensable vu l’insuffisance des financements dans le secteur du médicament. Il nous permet de développer des projets pilotes qui, en cas de passage à l’échelle, peuvent bénéficier de financements du Fonds mondial. Plus largement, la France est un partenaire fidèle de l’ACAME depuis sa création. Forts de cette coopération, nous devons renouveler nos partenariats et mobiliser de nouvelles ressources financières.

 

En savoir plus sur l'ACAME : www.acame.net

En savoir plus sur l'Initiative 5% : www.initiative5pour100.fr

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