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Conférence - Violences basées sur le genre facilitées par la technologie (VBGFT) : coopérer pour un numérique plus sûr
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Quand
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Horaires
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14h - 16h
À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes (8 mars), Expertise France organise le 17 mars prochain un événement à la Cité Audacieuse — tiers-lieu parisien emblématique de la défense des droits des femmes — consacré à la lutte contre les VBGFT, aux bonnes pratiques existantes et aux solutions numériques innovantes portées par les acteurs et actrices du changement.
Le numérique : menace ou levier pour les droits des femmes ?
98 % des vidéos de deepfakes publiées sur Internet représentent des images pornographiques non consenties, dont 99 % ciblent ou mettent en scène des femmes (2023: State of Deepfakes, Security Hero). Si l’essor du numérique et la démocratisation de l’intelligence artificielle (IA) ont nourri l’espoir d’un monde plus connecté et d’un renforcement de l’autonomie des populations les plus marginalisées, ces technologies ont également amplifié et facilité les violences exercées contre les femmes, les filles et les minorités de genre en ligne. Harcèlement massif, divulgation de données personnelles (doxing), diffusion non consentie d’images intimes (revenge porn), menaces de mort ou de viol, traque en ligne, désinformation, usurpation d’identité ou encore grooming en ligne (pédopiégeage) constituent aujourd’hui un continuum de violences numériques aux conséquences bien réelles.
Le sentiment d’anonymat offert par certains espaces numériques, la faiblesse de la réponse pénale face aux cyber violences, la prolifération de contenus masculinistes et de la manosphère, l’insuffisance de cadres juridiques contraignants et la responsabilité encore limitée des plateformes, ainsi que le recul des droits des femmes et des filles porté par des gouvernements anti-droits, ont contribué à faire d’Internet et des réseaux sociaux des environnements particulièrement hostiles pour les femmes, les filles et les minorités de genre. Ces violences ont des effets psychologiques durables et dissuasifs : selon une étude de Plan International menée dans 22 pays, 58 % des jeunes femmes âgées de 15 à 25 ans déclarent avoir subi des abus ou du harcèlement en ligne, et près de 19 % ont quitté ou restreint leur présence sur les réseaux sociaux à la suite d’une agression. En Amérique latine et dans les Caraïbes, 80% des femmes occupant des fonctions publiques limitent leurs activités en ligne par crainte d’abus (ONU Femmes). Dans un contexte de coupes budgétaires drastiques à l’échelle mondiale, qui contraignent de nombreuses organisations féministes et de défense des droits humains à réduire ou interrompre leurs actions, la coopération nationale et internationale apparaît plus que jamais essentielle pour soutenir la société civile et répondre à des menaces numériques par nature transnationales.
Depuis 2022, l’Organisation des Nations unies a consacré le terme de « violences basées sur le genre facilitées par la technologie » (VBGFT), à l’issue d’une consultation mondiale d’expert·es, afin de mieux qualifier et visibiliser ces formes contemporaines de violences. La définition qui en a émergé est « tout acte commis, facilité, aggravé ou amplifié par l'utilisation des technologies de l'information et de la communication ou d'autres outils numériques, qui entraîne ou est susceptible d'entraîner un préjudice physique, sexuel, psychologique, social, politique ou économique, ou d'autres atteintes aux droits et libertés » (ONU Femmes, 2023, Technology-Facilitated Violence against Women - Rapport de la Réunion constitutive du groupe d’expert·es). La Stratégie internationale de la France pour une diplomatie féministe (2025-2030) identifie les VBGFT comme l’un des enjeux globaux majeurs appelant une réponse politique, diplomatique et opérationnelle renforcée. Le cadre législatif français de lutte contre les contenus et discours haineux en ligne s’est par ailleurs renforcé ces dernières années : la récente loi SREN de 2024 par exemple, visant à adapter le droit français pour faire appliquer le règlement européen « Digital Services Act » (ou RSN : règlement sur les services numériques) dont la mise en œuvre est coordonnée par l’Arcom, permet ainsi d’imposer des sanctions et obligations aux plateformes en ligne pour lutter contre la diffusion de contenus illicites.
Le numérique peut aussi constituer un puissant levier de lutte contre les VBGFT. Technologies de détection et de suppression de contenus abusifs (Disrupt par exemple), outils de signalement et production de recommandations, plateformes sécurisées d’accompagnement et de protection des survivantes, campagnes digitales de sensibilisation, production de données sur les différentes formes de violences en ligne, renforcement des capacités numériques des organisations féministes ou encore plaidoyer en ligne pour des cadres juridiques plus protecteurs : les usages responsables et féministes des technologies offrent des solutions concrètes pour prévenir les violences, protéger les victimes et transformer les rapports de pouvoir dans les espaces numériques.
Une conférence hybride à la Cité Audacieuse pour partager les bonnes pratiques et innovations numériques
Organisée en partenariat avec la Fondation des Femmes à la Cité Audacieuse, tiers-lieu culturel et d'accueil d'associations féministes, et modérée par Mathilde Saliou (journaliste et autrice) cette conférence hybride fera dialoguer des partenaires institutionnels, français et internationaux, ainsi que des acteurs et actrices du monde associatif, privé, public et de la recherche. La conférence sera traduite en direct en français, anglais et espagnol.
Plus d'informations sur le programme à venir !
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